dimanche, 01 mars 2009

Un petit garçon poignarde sa soeur

Je crée une nouvelle catégorie parce que celle sur mes réactions était trop grosse : je ne fais plus que ça, réagir.

Alors, là, du fait divers, du vrai de vrai.

Un garçon de cinq ans a poignardé sa soeur qui refusait de lui prêter sa console de jeux vidéo, blessant gravement la fillette de dix ans au thorax.

ça vient de l'AFP.

Le petit garçon voulait le jeu, la petite fille refuse, le petit garçon prend un couteau dans la cuisine et frappe sa soeur.

(Rachida, je crois que 12 ans, c'est trop vieux.... on l'avait dit : des barreaux dans les maternités !!!)

Le drame s'est déroulé dans une famille monoparentale de cette cité ouvrière du bassin sidérurgique lorrain, alors que la mère, qui avait travaillé toute la nuit, dormait dans sa chambre.

Tout s'explique :ça s'est passé chez des ouvriers (des gens un peu bizarres, hein?) et en plus la mère élève seule ses deux enfants, et elle dormait, la vilaine, plutôt que de s'occuper d'eux. Monoparentale, monoparentale : comme si l'unicité du parent expliquait tout !

"Il est vrai qu'on voit des enfants de plus en plus jeunes commettre des actes de grande violence", souligne une psychologue et psychanalyste nancéienne citée par le Républicain Lorrain, Marie-France Alnot, qui attribue cette tendance à la multiplication des images violentes sur les écrans qui entourent les enfants. Ceux-ci "n'évaluent pas la réalité des choses".

Après la mère qui dort, la télé : remarquez, ça aurait pu être Internet, mais il est un peu jeune. Donc, à 5 ans, c'est la télé.

Bon, moi, je propose mon interprétation : tous ces jeux dont on nous rebat les oreilles, dans le cadre de cette société de consommation, crée un besoin totalement disproportionné des choses, presque une addiction ; apprendre à y résister (par l'esprit, dirai-je) n'est pas facile. Encore moins facile quand on a 5 ans et que l'on vit dans sa vie des frustrations diverses et variées ; mais pas facile non plus quand vos parents vous passent tout.

Je ne peux parler pour cette mère fatiguée ; mais je vois autour de moi des parents qui ne savent plus dire non à leurs enfants ; comme je prends toujours des airs très martiaux en société (pour couper court aux remarques), personne ne me dit trop rien ; par ailleurs mes enfants ne sont pas DU TOUT des modèles. Mais quand je leur dis NON un peu sèchement (c'est à dire que je leur dis tout le temps non sèchement - ou alors je leur dis oui); autour de moi j'entends des mamans mi amusées mi choquées : mais tu es terrible, toi. Et je ne suis pas du tout terrible.

Je mets ça en relation avec ce post hilarant des Toujours Ouvrables. Il s'agit là d'un père.

Je veux pas dire que cette dame aurait pu être plus stricte avec ses enfants et que tout cela ne serait jamais arrivé, hein. Car certains enfants sont plus durs que d'autres, certaines mères seules plus fatiguées, et en plus vu la crise, la société de consommation et les frustrations qu'elle engendre (quand on ne peut pas acheter ce qui est proposé), critiquer me paraît trop facile. Comme beaucoup d'autres choses, c'est un tout. Les enfants vivent dans un certains univers, un univers dans lequel les objets attirants surgissent, et dans lequel il est plus que légitime de vouloir se les approprier. Certes, c'est pas un achat, mais ce petit garçon ne le sait pas; dans cet univers, comme son geste le signifie, on doit très vite obtenir la satisfaction de son envie. Le moins que l'on puisse dire, c'est que l'ambiance actuelle n'incite pas à l'apprentissage des gestions de la frustration !!! Où peut-on lire, entendre, comprendre qu'un désir insatisfait forme le caractère. Où peut-on entendre que ne pas obtenir ce que l'on veut immédiatement, mais devoir différer le plaisir de l'avoir rend plus adulte? Mmmmm? Où ? (A part, tiens, dans les familles catho traditionnelles, enfin au moins dans une famille comme ça de ma connaissance).

Au contraire, combien d'hommes adultes, exhibant avec une fierté rentrée un quelconque objet design, hi tech, le plus souvent maintenant, il s'agit d'un téléphone. L'obtention du téléphone, masquée souvent par un plaisir intellectuel (celui d'explorer les nombreuses fonctions de l'appareil), a quelque chose de pathétique, quand elle fait suite à l'achat récent d'un autre téléphone. certains de mes amis font une ahurissante consommation de téléphone (je re précise que je fréquente une quantité anormalement élevée, enfin plus élevée qu'avant, dehommes d'affaires, petites et grandes affaires).

Tout ça pour dire que ce petit garçon est une sorte de symbole, à mes yeux, du monde dans lequel on vit.

Et je vais boire mon café, car mon mari trouve que je passe trop de tems devant le PC...


 

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